Cacao : les Présidents Ouattara et John Dramani Mahama unissent leurs forces pour renforcer la souveraineté de la filière
Mercredi 09 Septembre 2026
Cacao : les Présidents Ouattara et John Dramani Mahama unissent leurs forces pour renforcer la souveraineté de la filière
La campagne café-cacao est ouverte, et avec elle revient une question essentielle : pourquoi les pays qui produisent l’essentiel du cacao mondial disposent-ils encore d’une influence limitée sur la valeur générée par cette richesse ? Face à cette situation et aux bouleversements du marché mondial, aux exigences environnementales et surtout à la question persistante de la rémunération des producteurs, la Côte d’Ivoire et le Ghana veulent désormais parler d’une seule voix. Réunis à Abidjan le 16 juin 2026, les Présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont donné une nouvelle impulsion à l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana, avec une ambition claire : reprendre davantage de contrôle sur une filière dont les deux pays constituent le cœur productif mondial.
La Côte d’Ivoire et le Ghana entendent désormais parler d’une seule voix.
Le cacao ne manque pas de paradoxes. L’Afrique en produit l’essentiel, mais une grande partie de la valeur créée à partir de cette matière première échappe encore aux pays qui la cultivent. La Côte d’Ivoire et le Ghana, à eux seuls, représentent environ 60 % de la production mondiale. Cette position leur confère une responsabilité particulière, mais aussi un poids considérable dans les discussions sur l’avenir de la filière.
C’est précisément cette réalité que les deux chefs d’État veulent désormais transformer en levier économique, car produire massivement ne suffit plus. Il faut aussi pouvoir peser sur les mécanismes de fixation des prix, améliorer les revenus des planteurs, maîtriser davantage la commercialisation et surtout créer une part plus importante de la valeur ajoutée sur le continent. La Côte d’Ivoire et le Ghana, qui représentent à eux seuls environ 60 % de la production mondiale, entendent désormais répondre à cette équation en parlant d’une seule voix. Cette ambition intervient dans un contexte particulièrement exigeant: Fluctuation des cours, changement climatique, vieillissement des vergers, etc. Face à ces défis, la coopération entre Abidjan et Accra apparaît comme un levier stratégique.
La défense de la filière passe également par la sauvegarde du verger. La dégradation des terres et l’orpaillage illégal menacent directement l’avenir de la production. La coopération scientifique, environnementale et agronomique entre ces deux pays devient ainsi indispensable. Mais le véritable enjeu se situe aussi en aval : l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses fèves pour importer ensuite une grande partie de la valeur créée à partir du cacao.
Produire, c’est bien ; transformer, créer de la richesse, c’est encore mieux.
Transformation locale, produits dérivés, industrie chocolatière, consommation africaine et création d’emplois industriels doivent permettre aux pays producteurs de remonter progressivement la chaîne de valeur. Produire la matière première ne doit plus être le terme de l’ambition économique ; il faut aussi la transformer, créer de la richesse et développer des compétences sur le continent. L’ouverture de l’initiative à d’autres pays producteurs africains pourrait donner une nouvelle dimension à cette stratégie. Plus qu’une confrontation avec les acheteurs et les industriels, il s’agit de rééquilibrer les rapports de force au sein d’une chaîne de valeur mondiale et de passer d’une logique de concurrence entre producteurs à une logique de coopération.
L’essentiel : transformer les engagements en résultats.
Le succès de l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana ne se mesurera ni aux déclarations ni aux sommets, mais dans les actes. Le producteur attend donc des revenus plus justes et des perspectives meilleures pour sa famille. La véritable question n’est donc plus de savoir si la Côte d’Ivoire et le Ghana parlent d’une seule voix; elle est de savoir ce que cette voix permettra d’obtenir. Car le cacao africain ne doit plus être seulement une matière première indispensable à l’industrie mondiale. Il doit devenir un levier de souveraineté économique, d’industrialisation et de prospérité pour ceux qui le produisent. En engageant cette nouvelle étape, les Présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont posé les bases d’une ambition commune : faire du poids productif des deux pays un véritable pouvoir économique.
Le chantier est immense, les défis sont nombreux. Mais le signal donné à Abidjan est fort : pour sauver durablement la filière cacao, il faut désormais que ceux qui la produisent soient aussi en mesure de peser sur son avenir.
DIRCOM-MICOM / BM